Petit déjeuner réseau – Management de l’innovation – Bleu Horizon Conseil

Le 8 octobre dernier, Actif’Réseau a organisé un petit déjeuner dans les locaux de la société CAIRN EXPERTS de Stéphane VALET sur le thème du Management de l’innovation. C’est Philippe HARDY, consultant et créateur de la société Bleu Horizon Conseil qui nous a expliqué que l’innovation ce n’est pas que de l’innovation technologique.

L’innovation doit intervenir tout au long de la chaine de valeur de l’entreprise et elle consiste le plus souvent à apporter une amélioration. En effet, l’innovation de rupture, souvent souhaitée, est rarement mise en œuvre car elle rencontre une forte résistance au changement de la part des personnes concernées qui ne veulent pas sortir de leur zone de confort.

La règle d’or c’est que l’innovation doit être une volonté de tous et surtout être une démarche structurée. Quoi qu’il en soit, in fine, c’est le client (externe ou interne) qui décide si on a réellement fait quelque chose d’innovant.

Les FREINS à l’innovation sont nombreux :

  • Une entreprise qui réussit peut s’installer dans sa routine ; les salariés ne comprennent pas pourquoi il faudrait changer quelque chose. C’est sacrément difficile d’être un pionnier de l’innovation dans ce type d’entreprise, si la direction n’appuie pas fortement la démarche et si la stratégie d’innovation n’est pas claire.
  • Une entreprise avec des silos ou des « ayatollahs »  : il faut alors créer des groupes de travail avec des personnes de tous les services. Il ne faut pas hésiter à faire venir des personnes extérieures à l’entreprise pour enrichir ces groupes de travail.
  • Une entreprise qui clone ses salariés : par exemple une entreprise qui n’a déjà que des ingénieurs agro et qui recrute encore un ingénieur agro sur le poste innovation ne met pas toutes les chances de son côté. Il ne faut pas avoir peur de créer la rupture dans les recrutements en mixant les profils, les formations, les nationalités, …
  • Une entreprise qui s’isole et qui souffre du syndrome du NIH (Not Invented Here) : on n’est pas obligé d’innover qu’avec du « fait maison ». Il ne faut pas hésiter à aller chercher l’innovation ailleurs.
  • La peur de l’échec : il ne faut pas que les personnes en charge de l’innovation aient peur de se faire remonter les bretelles si elles sont parties dans une mauvaise direction. Sinon elles deviennent frileuses et n’innovent plus. Elles doivent avoir le droit par exemple de se tromper à l’échelle d’un prototype parce que les frais engagés restent minimes. Évidemment il ne faut pas s’apercevoir des erreurs une fois que la production est lancée !
  • Le ROI (Return On Investment) : à l’embauche on vous dit qu’on vous laissera du temps pour innover et puis très vite la pression des financiers devient très importante. Un projet d’innovation doit miser sur le long terme (de l’ordre de 2 à 4 ans). L’entreprise doit savoir être patiente avant d’obtenir des résultats. Par contre s’ils tardent à venir, il faut savoir prendre la décision de tout arrêter. A noter qu’une stratégie d’innovation marketing n’attend pas de ROI : les concept-cars par exemple ne sont là que pour promouvoir l’image de la marque automobile et pas pour rapporter de l’argent.
  • Le CDC : un cahier des charges ne doit surtout pas être le début d’un projet d’innovation, il faut d’abord une phase d’exploration et ensuite on établit un CDC
  • La sacro-sainte PDM (Part de Marché) : l’erreur classique c’est de s’intéresser à une clientèle existante alors qu’au contraire il faut s’intéresser aux non clients et se demander pourquoi ils n’achètent pas.

Les MOTEURS de l’innovation sont les suivants :

  • Une volonté sans faille de la direction : c’est elle qui doit soutenir les personnes en charge de l’innovation et lever les freins.
  • Un travail d’ethnologue : il faut être proche des utilisateurs et leur apporter des solutions ou des améliorations.
  • L’autonomie du groupe de travail innovation : autonomie financière et de gouvernance.
  • La collaboration : il faut vraiment faire collaborer des personnes différentes pour avoir des angles de vue différents.
  • Les Makers : ils créent de nouveaux objets ou des prototypes, leur mouvement mondial crée un immense savoir collectif en échangeant des bonnes pratiques et ils sont en train d’industrialiser la « bidouille ». Ce n’est plus qu’un passe-temps de bricoleurs, cela débouche désormais sur de véritables entreprises
  • Le Produit Minimum Viable : prototype minimal, parfois fait seulement de bois, carton … , nécessaire pour confronter le produit à la clientèle. Il peut être fabriquer dans un Fab Labs (Fabrication Laboratory – lieu ouvert au public mettant à disposition notamment des machines-outils pilotées par ordinateur pour la conception et la réalisation d’objets).
  • Le droit à l’erreur : indispensable pour garder un esprit d’inventivité
  • L’itération et l’incrémentation
  • Le triptyque magique : phase d’exploration, phase d’expérimentation (prototype et confrontation aux utilisateurs), phase d’exploitation (rédaction d’un cahier des charges).
  • Il faut retenir qu’un bon management de l’innovation c’est :
    • une stratégie claire et partagée
    • un moyen de se développer, et pas un but en soi.

Cette cession a été animée par Monsieur Philippe HARDY, consultant en stratégie d’innovation et développement d’activités, de la société Bleu Horizon Conseil (www.bleuhorizonconseil.com).

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